Le piment d’Espelette ou l’histoire d’un marqueur de l’identité basque

En cette période de fêtes de fin d’année où la table occupe dans nos traditions une place importante, je voudrais m’arrêter un instant sur un succès de notre économie locale, l’AOP Piment d’Espelette.

Aujourd’hui, cette production qui comprend le piment frais, la poudre et la corde (fraiche et sèche) compte environ 180 producteurs répartis au sein de 9 sociétés de transformation et 5 de conditionnement. Au total, ils exploitaient une surface de près de 210 hectares répartis sur dix communes ; autrement dit une prépondérance de petites exploitations dans la mesure où la surface moyenne est de seulement 1,16 hectares. La filière AOP Piment d’Espelette est en constante croissance puisqu’elle comptait à peine 30 producteurs en 2000 lorsque l’Appellation d’origine contrôlée (AOC) a été obtenue, renforcée en 2002 par l’Appellation d’origine protégée (AOP).

J’ai participé au développement de cette filière lorsque dans les années 90, j’ai travaillé avec mon frère, Pierre Arostéguy, au sein de notre Maison familiale crée par notre arrière grand oncle, Arnaud Arostéguy en 1875. Parti de Domezain, il allait fonder « un comptoir de denrées coloniales », devenu au fil des ans une épicerie fine, véritable ambassadrice de Biarritz et de notre Pays basque. C’est en effet dans les années 90 que Pierre Arostéguy et quelques autres, dont le regretté Christian Parra, se réunissaient chaque semaine dans une salle prêtée par la municipalité d’Espelette pour définir le cahier des charges et les caractéristiques organoleptiques du Piment d’Espelette afin de le protéger via une AOC, puis une AOP.

Aujourd’hui, le travail de proximité et de recherche de la qualité auprès de producteurs locaux devenus des partenaires, reste une priorité, comme le relate  ce superbe reportage de TF1

Reportages découverte du 24 avril 2016 – 7 jours, 7 nuits Biarritz

A première vue, mon propos d’aujourd’hui sur l’AOP Piment d’Espelette est très éloigné et beaucoup plus léger que le sujet abordé la semaine dernière sur les Chrétiens d’Orient. C’est en grande partie le cas, bien sûr. Pour autant, aujourd’hui comme la semaine dernière, je parle d’identité. Un sujet qui me tient à cœur tant je crois que, loin de diviser comme on l’entend communément, les identités fédèrent les peuples, elles favorisent le « vivre ensemble » autour d’un socle de valeurs, de traditions, d’us et de coutumes communes. Si je dénonce régulièrement les réflexes communautaristes en ceci qu’ils visent pour l’essentiel à exclure ceux qui n’en sont pas, je suis convaincue que les marqueurs identitaires ont l’immense mérité de souder une population donnée sans rejeter les autres.

Par son architecture, sa langue, les sports pratiqués, les traditions gastronomiques et bien d’autres choses encore, le Pays basque, comme quelques régions de France, ne manque pas de marqueurs identitaires. Tant mieux ! Et je me réjouis du succès de la filière AOP Piment d’Espelette parce que tous ceux qui y prennent part ou y ont pris part sont parvenus à faire d’un marqueur identitaire parmi d’autres un atout économique fort d’un chiffre d’affaire de 9 millions d’euros en 2012 à l’heure où les tendances vont plutôt à la globalisation, parfois mondiale. Et en plus d’un atout économique dont bénéficient directement plusieurs centaines de personnes et leurs familles, le piment d’Espelette est devenu un vecteur clé de l’image et de l’attractivité touristique du Pays basque. Dans tous les domaines, c’est un véritable succès pour notre territoire.

Un Commentaire

  1. Comment faire pour acheter une tresse de piments ! habitant loin !! je cherche un producteur pouvant m’en expédier une! en payant bien entendue !merci de me répondre !

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