Libérer, protéger, rassembler

Lundi matin, François Fillon a présenté son projet pour la France. Un projet qui s’articule autour de trois axes : libérer, protéger, rassembler.

En plus de l’antériorité et donc la constance, le programme de François Fillon a le mérite de la cohérence. Il est le fruit d’un dialogue de fond, prolongé, engagé il y a plus de trois ans, avec les Français, la société civile, des centaines d’experts et des élus engagés dans plusieurs dizaines de groupes de travail. A Marine Le Pen, spécialisée dans l’outrance, il apparaitra trop réaliste ; à Emmanuel Macron spécialisé dans l’eau tiède pour être sûr de ne fâcher personne, il apparaîtra trop ambitieux. Ce programme est un projet de rupture radicale mais il est financé. Contrairement à ce que disent les journalistes et leur candidat, il n’est pas question de procéder à une casse sociale mais de mettre en œuvre un projet de croissance, porté par l’ambition de refaire de la France une grande puissance économique et politique. Je crois que les Français sont conscients de la gravité de la situation et que loin de se résigner, ils aspirent au sursaut. Ils veulent retrouver la fierté d’une France prospère, apaisée et influente. Pour y parvenir, j’ai la conviction qu’ils attendent qu’on leur propose un chemin clair et déterminé. Bref, une vision. Précisément, ce projet se fonde sur un diagnostic sans concessions pour présenter un ensemble de mesures à la fois ambitieuses, réalistes et justes.

Ce projet vise tout d’abord à libérer. Nos adversaires se plaisent à décrire un programme qui conduirait à libérer les forces déchaînées d’un ultra-capitalisme, dont le seul but serait le profit au détriment de toute considération humaine. A l’inverse de cette caricature, il s’agit de permettre à chacun de déployer ses talents, de créer, d’innover sans être paralysé par des freins inutiles ou excessifs. Ce n’est qu’en s’attaquant enfin aux vrais verrous qui paralysent notre économie que la France retrouvera des niveaux de croissance de 2 % et plus, qui seuls permettront une réduction durable du chômage et par voie de conséquence de véritables créations de richesses.

Pour cela, il faudra multiplier les initiatives en matière de politique entrepreneuriale de sorte à pratiquement doubler en 10 ans le nombre actuel d’entreprises et ainsi créer 3,5 millions d’emplois. Mais cela ne pourra se faire sans agir en profondeur sur l’environnement juridique et administratif des entreprises et de ceux qui entreprennent en allégeant massivement normes et contraintes. En effet, la promotion de la réussite et de l’activité passe aussi par la simplification du droit du travail, par l’abrogation des 35 heures, et par la réforme du code du travail autour d’une idée simple : n’y laisser que ce qui relève des normes sociales fondamentales, et renvoyer le reste à la négociation. Dans la même logique, il faudra baisser massivement les impôts et les charges sur les entreprises pour entraîner un véritable choc de compétitivité.

Ce projet vise ensuite à protéger. Sans protection, la liberté ne peut être ni juste ni efficace. Pour cela, le budget de la défense augmentera dès 2018 avec pour priorité le renforcement des capacités opérationnelles et l’amélioration de la condition sociale des militaires. Mais l’attention portée à nos seules armées ne suffira pas, il faudra aussi mettre fin au laxisme en matière de sécurité et d’autorité, un laxisme qui nuit en priorité aux plus démunis, à tous ceux qui n’ont pas de filet de sécurité « privés » tels qu’une famille ou des moyens financiers. N’en déplaise à une bonne partie de la gauche française, l’ordre, le respect de la loi et l’autorité de l’Etat sont des valeurs sociales, des valeurs de la République. Le projet de François Fillon vise sur ce point à généraliser et renforcer les polices municipales, moderniser la justice, créer 16 000 places de prison et lutter de façon déterminée contre le terrorisme islamisme qui, soit dit en passant, ne se limite pas à Daech.

Protéger les Français, c’est aussi leur redonner du pouvoir d’achat en allégeant les charges sociales pour les salariés, en relevant le quotient familial, en rétablissant l’universalité des prestations, en revalorisant les petites retraites et en augmentant de 10 % les pensions de réversion. Le tout sera financé par l’augmentation progressive de l’âge de la retraite à 65 ans. Et le pouvoir d’achat sera d’autant plus sûr qu’un effort sera porté sur la politique industrielle car il n’existe pas de grande nation qui ne soit industrielle. Sur ce point, François Fillon a revendiqué un « patriotisme économique » ; il n’est pas question de protectionnisme mais de défense et de promotion de nos intérêts, de notre souveraineté économique dans le respect de la réciprocité.

Ce projet vise enfin à réconcilier. Car c’est peu dire que le lien social a été durement éprouvé ces dernières années : dans ce domaine comme dans bien d’autres, il y a eu beaucoup de paroles et peu d’actes. Il faut donc substituer aux rapports de tension des logiques partenariales. Entre le monde éducatif et le monde de l’entreprise par exemple, il faut relancer massivement l’apprentissage et de l’alternance. Entre les Français et l’école en refocalisant cette dernière sur ses missions fondamentales : apprendre à lire, écrire, compter, connaître l’histoire de notre pays et ses valeurs civiques, apprendre un métier, apprendre le respect et la fraternité. Entre les Français et les religions en luttant de manière intraitable contre l’islam radical et l’antisémitisme. Entre le monde agricole et la grande distribution, avec un dialogue qui doit être plus équilibré et plus équitable. Entre les pouvoirs publics et le monde associatif car les pouvoirs publics doivent mieux prendre en compte la voix de ceux qui s’engagent au service de causes qu’ils connaissent mieux que quiconque.

Par esprit de concision, je n’ai pas abordé tous les points du projet. Par exemple, je n’ai pas parlé d’environnement, d’agriculture ou de la dépendance. J’y reviendrai plus en détail dans les prochaines semaines. Mais ce projet est de loin le plus abouti, le plus audacieux. Et il présente un autre avantage : il est le seul qui puisse être appliqué pour la bonne raison que François Fillon soit le seul des gagnants possibles à cette élection présidentielle à pouvoir espérer que les Français lui donneront une majorité lors des élections législatives des 11 et 17 juin. Sans allié, Marine Le Pen ne peut y parvenir. L’expérience des élections régionales de décembre 2015 est là pour le confirmer : si prometteurs qu’aient été les résultats du Front national au premier tour, le parti n’a finalement gagné aucune région au second tour. Quand à Emmanuel Macron, quelle majorité peut-il espérer constituer des communistes Robert Hue ou Patrick Braouzec au libéral Alain Madelin, du démocrate-chrétien François Bayrou à l’anarchiste soixante-huitard Daniel Cohn-Bendit ? Comment peut-on imaginer que les soutiens du candidat, aux opinions certes légitimes mais totalement contradictoires pourront demain se mettre d’accord sur telle réforme fiscale ou telle politique en matière d’immigration ?

Oui, François Fillon est le seul en mesure d’avoir une majorité parlementaire pour appliquer son programme. Tous les jours, je vais sur le terrain, à votre rencontre, pour être de cette majorité, pour apporter ma contribution dans l’application de ce programme riche d’espoirs pour l’avenir. J’y crois dur comme fer.

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