L’edito du Brexit

No Future ?

Anglophile, amoureuse de la GB, j’ai tout autant aimé passionnément la Grande Bretagne et les Britanniques. J’y ai travaillé, vécu et été le témoin de la métamorphose d’une Angleterre des années Thatcher appauvrie, minée par le terrorisme de l’IRA, affichant des taux de chômage élevés et où la jeunesse criait « No future »
30 ans plus tard, après des réformes douloureuses – et quelques privatisations d’infrastructures publiques catastrophiques -, la Grande Bretagne est devenue un territoire offrant des perspectives d’avenir à une jeunesse européenne qui y afflue. Tout n’est pas rose, bien sûr. La protection sociale, la sécurité de l’emploi sont loin d’être optimales. Le fossé entre les riches et les pauvres est le plus grand de tous les pays de l’OCDE. Cette misère sociale est régulièrement dénoncée par le cinéma de Ken Loach, peintre d’une GB qui se sent spoliée par l’Europe.
Nation fière qui a régné pendant ces siècles sur un territoire où le soleil ne se couche jamais, la GB a toujours eu un pied dedans, un pied dehors. Elle a toujours considéré l’Union Européenne comme « le Marché Commun » et non une supra structure la privant de sa capacité à décider de son destin.
J’ai toujours défendu l’idée d’une construction européenne forte, protectrice, équitable pour tous les peuples ayant permis entre autres Erasmus, la libre circulation des hommes et des marchandises, Galiléo, etc…
Alors le réveil du 24 juin fut douloureux à l’écoute des résultats du référendum. Un choc, une tristesse..
Mais passée cette grosse déception, le recul et l’analyse nous imposent de voir beaucoup d’éléments positifs dans ce résultat. Il émane du peuple souverain qui a voté massivement en faveur de cette sortie de l’Union Européenne. Nous nous devons de le respecter et de nous garder de donner des leçons de morale ou des conseils de gouvernance.
Le vote britannique reflète le rejet d’une Europe passoire et qui passe son temps à élaborer des contraintes ou des réglementations dont certaines sont soit inutiles, soit stupides et coûteuses, élaborées par des fonctionnaires non imposés et payés trop souvent comme des dirigeants de PME.
Il faut donc se retrousser les manches et réécrire le projet pour, ensuite, le soumettre à référendum ; le projet limiterait l’action de l’Union Européenne à des priorités stratégiques.
Le noyau dur du futur gouvernement européen doit être limité aux seuls Etats fondateurs, car à 28, cela ne marche pas !!
Les trois priorités devraient être :

  1. Un volet économique permettant la protection des intérêts économiques et financiers européens
  2. La sécurité des citoyens avec une politique des frontières et de la Défense.
  3. Une politique d’éducation

La France doit clairement être un leader dans la reconstruction de l’Union Européenne de demain et profiter du sommet des 28 et 29 juin pour ne plus être le toutou chic et docile de l’Allemagne

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