L’edito de mars 2016 : Schengen ou l’Europe brisée

maider arosteguy

Nous sommes 417 millions de citoyens au sein de 26 états membres représentant l’espace dit Schengen dont les accords ont été ratifiés en 1985.

Pour mémoire, ces accords établissent la disparition des frontières intérieures consacrant la libre circulation des personnes. Ces accords renforcent et harmonisent les contrôles aux frontières extérieures aidés par l’agence de contrôle européenne Frontex et la base de données sécuritaires SIS.

Le rétablissement des contrôles aux frontières intérieures est autorisé dans les cas suivants :

  • ­ en cas de menaces pour l’ordre public ou la sécurité nationale,
  • ­ pour une urgence de 30 jours maximum,­
  • ou pour une durée anticipée de 6 mois maximum.

Depuis avril 2015, l’arrivée des migrants a augmenté de 870% en un an (Chiffres UNHCR). Et depuis, les pays de l’espace Schengen rétablissent chacun leur tour leurs frontières intérieures, le dernier étant la Belgique.

Voilà pour les éléments factuels. Commence ensuite l’analyse des perceptions de chacun, de ses valeurs, de ses peurs, de son histoire.

Le clash brutal entre les rêves et les réalités.

Le rêve d’une construction européenne a permis au lendemain de la seconde guerre mondiale le rassemblement et le développement de nations autour de la paix, de la croissance, du partage des richesses de la connaissance, de la culture, de l’éducation.

Le cercle s’est élargi progressivement puis très rapidement aux pays de l’Europe de l’Est sans qu’aucune harmonisation sociale, ou fiscale, ne permettent néanmoins de réguler un espace disparate. Les technocrates et les bonnes intentions ont remplacé les barbelés, les droits de douane et les visas.

Faut-­il aujourd’hui donner raison aux euros sceptiques et aux nationalistes ?

Certainement pas. L’idéal européen nous montre là où nous devons œuvrer. Cet idéal nous demande d’être responsables et courageux face à l’actuelle crise migratoire qui ébranle l’édifice européen. Nous devons stopper immédiatement toute entrée dans le territoire européen de toute personne étrangère, le temps de régler le désordre que nous y avons laissé s’installer.

Comment remettre de l’ordre et préserver l’unité européenne ?

Coordonner à l’échelle européenne une action humanitaire permettant d’accueillir de façon temporaire les réfugiés de guerre. Les soigner, les nourrir, les éduquer dans des espaces sécurisés dans un premier temps afin d’éviter la honte de territoires comme la jungle de Calais ou les solutions gadgets de migrants envoyés par bus pour deux à trois mois dans des centres de vacances .

Pour cela, il faut fermer de façon temporaire et coordonnée toutes les frontières nationales en Europe. L’afflux incessant et croissant de nouveaux arrivants ne permet absolument pas la gestion de ceux déjà présents sur les territoires.

­ Face à cet afflux massif, des critères de choix doivent être adoptés. Ils peuvent nous paraitre durs, voire inhumains. Mais nous ne pouvons plus faire autrement. Renvoyer toutes les personnes que nous ne pourrons accueillir, non issues de territoires en guerre. Pour cela l’Europe doit être d’une fermeté absolue, notamment avec les pays qui refusent de reprendre sur leur territoire des personnes ayant pénétré le territoire de façon illégale.

Ces mesures permettraient d’envoyer un message ferme aux passeurs et aux candidats au départ vers l’Europe qui via les médias et réseaux sociaux, voient en temps réel les failles de l’Union européenne. L’angélisme ou la compassion ne nous permettront pas de réagir de façon efficace aux nouveaux flots de personnes qui vont arriver. Cette absence de gestion humaniste et ferme risque très rapidement de conduire les nations à des flambées de xénophobie, de violence, et de créer des situations d’horreur comme celles qui se sont déroulées à Calais.

La France, en accord avec ses valeurs et son histoire se doit d’être à la hauteur du plus grand drame depuis la seconde guerre mondiale.

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