Le renoncement, c’est maintenant

Manuel Valls

L’annonce de la non-candidature de François Hollande a marqué le premier acte d’une pièce produite par le Parti socialiste et promet de relever de la dramaturgie.

Une succession d’ambitions abouties ou contrariées, dans tous les cas bien loin de l’intérêt de la France et des Français.

Le Président de la République est intervenu à la télévision pour annoncer qu’il renonçait à se présenter à sa propre succession après avoir vanté la richesse de son bilan, qui avait d’ailleurs échappée à tout le monde. A en lire ou écouter les analyses sur le sujet, il semblerait que cet événement inédit restera dans les annales de la Ve République sous le nom de « renoncement » de François Hollande. Un terme bienveillant en ceci qui laisse à penser que le Président s’est sacrifié pour une cause qui le dépasserait de beaucoup. Celle de la France ? Non, tout de même pas ! Pour l’unité de la gauche…
Je ne crois pas un instant à cette lecture des choses. François Hollande a tout simplement été défait. Bien sûr, cette défaite n’est pas le résultat d’une élection, mais cela revient au même. Il a croulé sous le poids des sondages à répétition révélant un divorce avec l’opinion, qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait connu, il a croulé sous le poids des pressions, celles de son premier ministre ayant peut-être été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Et avec l’élimination de Nicolas Sarkozy dès le premier tour de la primaire de la droite et du centre, il ne pouvait plus douter de la détermination des électeurs à renverser la table. Bref, il a acté par anticipation une défaite à la primaire socialiste.

Conséquence logique de ce premier acte, Manuel Valls a déclaré sa candidature. Or, comme je crois qu’une primaire de la droite se gagne à droite, une primaire de la gauche se gagne à gauche. Manuel Valls n’est pas favori de cette compétition. Pour espérer l’emporter, il doit « gauchiser » son discours, ce qu’il a commencé à faire lors de sa déclaration de candidature. Adieu donc la suppression des 35 heures ! Adieu la suppression de l’ISF ! Et bonjour la défense du « modèle social français », pourtant en échec total ! Autant de positions à 180° de celles que Manuel Valls défendait lors de la primaire socialiste de 2011.
Tel est le dilemme de la gauche : défendre pour se faire élire des mesures que chacun des candidats sait irréalisables tant elles seraient néfastes pour la France, ou assumer un programme dont les effets pourraient bien être bénéfiques mais que l’électorat de gauche refuse parce qu’il le juge trop « droitier ». Par conséquent, les candidats à la primaire vont jouer à « plus à gauche que moi tu meurs », sans ignorer que leur programme respectif n’est réalisable, ni surtout souhaitable.

En tant qu’ élue au Conseil départemental, en tant que candidate à la candidature aux élections législatives, je dois dire que cette démarche m’interroge. Je peux comprendre les ambitions des uns et des autres, j’y vois même une certaine dignité. Mais quelle est la dignité d’une ambition quand elle repose sur des mensonges ? Ou sur la promesse de mesures démagogues qui annoncent des lendemains qui chantent sans dire qu’elles entraîneront elles-mêmes des surlendemains qui déchantent .
La gauche devra maintenant assumer la trahison de ses valeurs par une partie de ses représentants et travailler à son rassemblement…
La droite, elle , est en ordre de marche derrière un leader assumé et d’une totale légitimité.

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