L’edito d’avril 2016

Pour une agriculture innovante et durable au Pays Basque

La dynamique d’installation des agriculteurs reste soutenue dans notre département avec en 2015 : 113 projets d’installation en agriculture dans le cadre de la dotation jeune agriculteur (DJA) ont été déclarés recevables (58 % au Pays basque, 42 % en Béarn), et le bio représente 19 % des installations, essentiellement en maraîchage.

Sur le registre de la qualité, le Pays Basque est concerné par trois appellations d’origine contrôlées (AOC) : de la plus ancienne à la plus récente : le fromage Ossau Iraty, le vin Irouléguy et le piment d’Espelette.

Le dernier exemple en date est celui du porc basque Kintoa : il est emblématique de cette volonté de faire progresser le territoire sur les chemins communs de la qualité, et d’un développement raisonné.

Aujourd’hui, les élevages sont étendus sur tout le Pays basque, 231 communes incluant les cantons limitrophes du Béarn et des Landes au Sud de l’Adour. On compte 80 adhérents, 100 salariés directs à l’intérieur du Pays basque, 58 producteurs, 17 fermiers transformateurs et 3 transformateurs aux Aldudes: Oteiza et Belaun, à Bayonne Aubard, et prochainement à Sare.

Pour nos paysans locaux, l’élevage du porc basque Kintoa est aussi un complément de revenus de leurs fermes par une diversification de la production extensive, dans le respect de l’environnement, sur un territoire cohérent en matière de climat et de paysage, entre prairies et forêts.

« Un lien direct est assuré vers le consommateur par les marchés, les petits commerces et les restaurants locaux : une agriculture telle que nous la concevons aujourd’hui, qui attire des jeunes ».

Les contraintes des Cahiers des Charges ont aussi un résultat positif pour l’ensemble de la filière qui, aujourd’hui, souligne « Ce sont des atouts face aux dérives de l’industrie agro-alimentaire, et cela renforce la confiance du consommateur. Une performance qui est liée à leur engagement d’une démarche collective pour gagner ensemble. En améliorant le produit, et une production sans aide de la PAC, on peut parler de l’avenir… Car demain l’AOC Kintoa ou d’autres, seront ce que nous lèguerons au territoire et aux générations futures, dans un développement raisonné. Tout le monde amène sa pierre à l’édifice, et rejoindre la filière, pour écrire le deuxième chapitre de l’AOC Kintoa porc basque ». (La SPB)

Des Aldudes à la côte, le Porc basque Kintoa a rendez-vous avec l’avenir, d’un développement en phase avec l’environnement, le maintien des petites exploitations et d’une agriculture raisonnée.

C’est ce modèle d’agriculture que nous souhaitons préserver au Pays Basque, loin des errements des monoproductions, végétales ou animales, très éloignées du fonctionnement des écosystèmes naturels et qui sont particulièrement vulnérables aux carences, aux maladies, aux parasites. De ce fait, elles exigent des traitements préventifs et curatifs de plus en plus complexes et lourds. Elles portent atteinte à la fertilité du sol et aux aspects quantitatifs et qualitatifs de l’eau.

D’un point de vue plus national, l’agriculture française doit changer son modèle… ou plutôt faire évoluer ses modèles et travailler sur des pistes d’innovations. Mais l’innovation est une démarche vertueuse pour tous, quel que soit son domaine d’application (production, machinisme, distribution, commercialisation,….). Une partie de son avenir se joue, en effet, dans sa capacité à mobiliser plus fortement la recherche et à convertir l’avancée des connaissances en autant de bénéfices à la fois en matière de compétitivité et de performance environnementale.

Avec près de 10% de la dépense publique de R&D consacrée à l’agriculture et à l’agroalimentaire, la France est un des pays d’Europe qui investit le plus dans cette ambition.

Parmi les pistes développées par le Plan Agriculture Innovation 2025, je retiendrai pour notre territoire le développement du numérique et de l’agriculture connectée.

Le développement de nouvelles technologies de capteurs et de services numériques associés pourrait être amplifiés, notamment pour développer des bio-capteurs à visée de prévention sanitaire précoce, par exemple.

Un portail de données agricoles centralisé pourrait également être mis en place en étroite relation avec les organisations professionnelles agricoles, pour faciliter l’accès à un ensemble de données publiques et privées pouvant être valorisées au bénéfice du monde agricole.

L’évolution de l’agriculture vers la triple performance économique, sociale et environnementale passe par la mise en œuvre de nouvelles pratiques dont certaines supposent la mise au point d’agro équipements totalement innovants. La robotique est, avec les capteurs une voie technologique de rupture efficace pour rendre possibles, accompagner, guider les changements de pratiques et de systèmes.

Nous avons sur notre territoire, à Bidart, une des meilleures écoles d’ingénieurs en France, l’ESTIA,  dont une des spécialités est la robotique. Pourquoi ne pas orienter ses travaux sur la robotique agricole ?

L’innovation et la recherche sont des investissements plus que jamais porteurs de valeur pour l’ensemble des filières et des territoires.

Un des projets majeurs du Département 64 sera d’équiper 90% du territoire en numérique, permettant en particulier aux agriculteurs de se doter de ces outils d’alerte et de surveillance

Gageons que l’harmonieuse combinaison des pratiques vertueuses du présent et la voie d’avenir que constituent les technologies du numérique et de la robotique pourront porter le Pays Basque à un leadership dans la prochaine décennie.

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